Ruth Bader Ginsburg

Une femme d'exception

Bienvenue à toi... Cela fait un moment que je souhaite publier un portrait de femme. J'ai créé cette rubrique dès la construction de mon blog et je ne m'étais pas encore lancée. Je cherchais, je réfléchissais, je me questionnais... Quelle femme incroyable vais-je choisir ? Quelle femme talentueuse ? Quelle femme inspirante ? Un jour je pensais à une femme qui a déjoué l'adversité et est sortie de sa condition pour s'élever tel Madam CJ Walker, un autre jour je pensais à une femme forte qui a engagé la lutte féministe de façon remarquable tel Olympe de Gouge, ensuite je pensais à une femme qui a su simplement écouter son âme et réaliser ses rêves coûte que coûte en faisant fi des conventions tel Annette Kellerman. Et puis finalement, l'évidence...

Ruth Bader Ginsburg incarne chacune de ces femmes.

Laissez-moi vous conter son histoire fascinante.

Déjouer les pronostics

Ruth Bader Ginsburg est née le 15 mars 1933 à Brooklyn de parents juifs immigrés et grandit dans un quartier ouvrier de New York. Encouragée par sa mère, qui n’avait pas pu faire d'études supérieures parce qu’elle devait subvenir à l’éducation de son propre frère, la jeune fille excelle dans ses études et obtient sa licence d’administration publique à l'Université de Cornell en 1954.


Cette même année elle épouse Martin Ginsburg et donne naissance à leur fille Jane un an plus tard alors que son mari s’apprête à partir effectuer son service militaire.

Malgré les difficultés pour une jeune mère de poursuivre ses études, elle entre à la fac de droit de Harvard pour sa spécialisation de second cycle. Pas sans subir la misogynie du doyen de la fac qui accueille les neuf femmes d’une promotion de plus de 500 personnes avec la question : « Comment justifiez-vous de prendre la place d’un homme compétent ? ».

Son mari étant muté à New York City, elle obtient son transfert à la fac de droit de l’université de Columbia et devient la première femme à figurer sur deux grandes revues de droit : la Harvard Law Review et la Columbia Law Review. Elle obtient son doctorat en droit en 1959 major ex aequo de sa promo.

Martin Ginsburg aura une place centrale dans sa vie, il soutiendra sa femme dans sa carrière tout au long de sa vie lui vouant un amour inconditionnel. Il avait une vision du couple et de la femme extrêmement avangardiste pour son époque, il n'a jamais considéré le succès de sa femme comme une menace et il l'a aidée de manière égale dans les tâches quotidiennes permettant à Ruth de se consacrer à sa carrière. Derrière cette grande Femme, il y a un grand Homme.


Début de carrière et engagement

Ses débuts dans le milieu juridique sont difficiles. Ruth ne parvient pas à décrocher un premier emploi, malgré d’excellentes recommandations. Elle l’explique elle-même : « Dans les années 50, les cabinets juridiques traditionnels commençaient à peine à embaucher des juifs… Mais être une femme, juive et mère, c’était trop pour démarrer. ». L’un de ses professeurs de droit à Columbia parvient malgré tout à inciter le juge Edmund L. Palmieri à embaucher R.B.G. comme assistante de justice à la cour fédérale le menaçant de ne plus jamais lui adresser de jeunes diplômés.

En 1963, lorsqu'elle devient professeur à la faculté de droit de Rodgers, elle figure alors parmi la dizaine de professeurs en droit du pays tout entier. Elle y donne alors un cours inédit sur "le genre et le droit". C'est à cette même époque qu'elle commence à plaider des cas de discrimination sexiste.

En 1970, elle co-fonde le Women's Rights Law Reporter, la première revue juridique des États-Unis à se consacrer exclusivement aux droits des femmes.

De 1972 à 1980, elle enseigne à Columbia, où elle devient la première femme titulaire et a co-écrit le premier recueil de jurisprudence de la faculté de droit sur la discrimination sexuelle.


Ruth Bader Ginsburg dévouera sa carrière à la défense des droits des femmes et co-fonde avec l’American Civil Liberties Union (ACLU) le Projet des droits des femmes en 1972.

Ce projet défend plusieurs centaines de dossiers de discrimination par le genre, et Ruth Bader Ginsburg porte elle-même six dossiers majeurs devant la Cour suprême entre 1973 et 1976. Elle en remporte cinq.


«Elle aurait été une figure centrale du droit constitutionnel américain même si elle n’avait jamais siégé à la Cour suprême, souligne Pamela Karlan, professeure de droit à Stanford. Une partie de son génie tactique, pour faire avancer les droits des femmes, a notamment consisté à défendre des affaires d’hommes lésés par des stéréotypes de genre.» Sa stratégie, tout au long des années 70 : persuader la Cour suprême que le 14e amendement de la Constitution, qui garantit l’égale protection de tous, ne s’applique pas seulement à la discrimination raciale, mais également aux discriminations de genre. «Sa vision claire et inflexible a changé les droits légaux de la moitié de la nation», insiste Nancy Northup, présidente du Center for Reproductive Rights.


Ce qu'il faut véritablement retenir c'est que Ruth Bader Ginsburg a littéralement changé la vie des femmes. Les plaidoyer de Maitre Ginsburg tout au long des années 70 ont permis de véritablement changer la société américaine en créant des jurisprudences à la loi. Lors d'un procès elle terminera ses conclusions en citant cette phrase de Sarah Grimké : "Je ne réclame aucune faveur pour les femmes. Tout ce que je demande à nos frères, c’est qu’ils veuillent bien retirer leurs pieds de notre nuque".


Maitre Ginsberg devient Madame la Juge

Ruth Bader Ginsburg est nommée juge à la Cour d'appel des États-Unis le 14 avril 1980, par le président Jimmy Carter.

Sa nomination à la Cour suprême par Bill Clinton en 1993 vient couronner sa carrière de juge.

Elle est peut-être la plus âgée alors, mais c'est elle la moins conservatrice des juges.

Après Sandra Day O’Connor (1981-2006), elle est la seconde femme à détenir un siège à la Cour suprême.

Prestation de serment comme juge à la Cour suprême.

Elle est considérée comme modérée lors de sa nomination, mais évolue vers des prises de position progressistes.

En 2009, elle donne son point de vue concernant les droits à l'avortement et à l'égalité des sexes, dans une interview du New York Times. Elle déclare ainsi à propos de l'avortement que « le gouvernement n'a pas à faire ce choix pour une femme ».

Durant ses 27 ans à la Cour suprême, Ruth Bader Ginsburg en aura été l’une des seules voix progressistes et dissidentes. Sa carrière de juge à la plus haute autorité judiciaire américaine est ponctuée de victoires pour la cause des femmes, des minorités et de l’environnement.

Opérée pour un cancer de pancréas en 2009, Ruth Bader Ginsburg demeure à son poste et continue de travailler jusqu’à son décès en septembre 2020.


Les opinions dissidentes de Ruth

Ruth Bader Ginsburg a particulièrement marqué sa carrière de juge par l'écriture de ses opinions dissidentes.

Explications : Une opinion dissidente est le désaccord d'un juge à un jugement auquel il a participé.

Lorsque la cour est devenue plus conservatrice que progressiste Ruth faisait part de son désaccord lors d'un jugement en lisant devant la cour son opinion dissidente. Son "I Dissent" traduire "Je suis en désaccord" est particulièrement connu et populaire et chaque fois cela faisait le buzz sur internet. Elle n'était pas destinée à être une grande dissidente mais c'est ce que l'histoire a fait d'elle. Afin de mesurer l'impact il faut comprendre que des lois fédérales ont été changées grâce à ses opinions dissidentes.

RBG Icone populaire

Ruth Bader Ginsburg est l'objet depuis une dizaine d'années d'un véritable culte, notamment auprès des jeunes. La magistrate a même gagné le surnom de "Notorious RBG", en référence au rappeur assassiné en 1997, "Notorious BIG".

Son visage strict, fermé, se décline sur des mugs, des totes-bags, des tee-shirts ... La femme de loi et son jabot à dentelle, ses gros colliers, ses boucles d'oreilles, ses lunettes rectangulaires est entrée dans la pop-culture américaine.


L'idée d'une grand-mère, âgée, minuscule et pourtant coriace, amuse autant qu'elle inspire. Ne pas s'y méprendre : derrière la starification, les caricatures et même, les déguisements, on ressent un profond respect de la fonction et surtout, de la personne.


Le puissant slogan "You can't spell Truth without Ruth"(littéralement, "Tu ne peux pas prononcer la vérité sans Ruth") se retrouve sur des dizaines de modèles de T-shirts floqués.


Incarnée sur grand écran par Felicity Jones dans le film Une Femme d’exception, sa vie est également retracée dans le documentaire « R.B.G. » en 2018.

Ce qui m'a marqué dans le visionnage de ce documentaire c'est sa personnalité. Ruth était une femme discrète, timide même, elle ne riait pas souvent car elle était un peu strict. C'était une femme profonde qui ne s'étendait pas en banalités. Elle a su s'imposer par son calme et a réussi à porter sa parole grâce à sa voix posée et juste. J'ai été subjuguée par cette toute petite femme au regard vif et à l'esprit indépendant et combatif.

J'ai regardé deux fois ce documentaire pour les besoins d'écriture de cet article et véritablement, sincèrement, Regarde le.


Tu l'auras compris cette femme ma littéralement fascinée, son engagement, sa détermination. Du haut de ses1m55 (comme moi !!!) cette grande dame restera une pionnière, un modèle, une inspiration.


Et toi que penses-tu de Ruth ? Dis-le moi en commentaire

Si tu as aimé cet article, fais-le moi savoir en cliquant sur le cœur

Pour soutenir mon travail, partage cet article


#Ruthbaderginsburg #RBG #unefemmeexceptionnel #droitdesfemmes #egalitedesfemmes #egalitedesgenres #avocate #jugealacoursupreme #harvard #opinionsdissidentes #notoriousrbg #idissent #femmesfortes #femmesinfluentes #femmesincroyables #egalite #egalitedessexes #egalitedesgenres #femmespuissantes